Château de sable

Sapristi, je dois fuir à présent

Ce fossé profond et gluant

Où je me suis vautré après midi

Pétrifié par une langueur infinie

 

Prisonnier d’un corps ramolli,

Bocal de l’esprit.

Butant sur l’inéluctable insignifiance

De l’éphémère existence

 

Humaine et accablante vanité

Que cette envie de transcender

De comprendre à tout prix

Et de chercher un but à la vie

 

Vive l’agitation qui épuise et remplit

Le vide, ce véritable ennui

De l’être en proie à ses vicissitudes,

Inextinguible et indicible solitude

 

Incrédule, je regarde l’enfant

Qui édifie, vaillant

Un château de sable, contre marées et vents

Saperlipopette, il lui faut fuir à présent

 

Grandit-on jamais à toujours lutter

Pour l’Histoire, contre l’oubli

Ou peut-être est-ce la quête d’éternité

Qui, elle-même, touche à l’infini ?