Vol d’un coucou en apocalypse

Depuis que le voyage dans l’espace existe, j’aimerais remonter le temps. Eternel insatisfait de la condition humaine, je cherche. A créer un monde imaginaire où nous serions libres de rêver. De ne rien faire ou de méditer. De perdre son temps ou d’avancer. Manque un nom à mon concept. Et un big-bang pour le lancer. Un machin pour nous mettre en orbite. Six milliards d’êtres humains en devenir. Enfin un truc qui aurait de l’envergure. Le plus dur est de trouver l’idée détonante. L’impulsion de la dynamique. La formule magique. Peut-être qu’en sautant tous en même temps ?

Douze milliards de pieds en l’air. Ca ferait peut être une secousse sismique. Un pataquès incroyable. Idéal pour un changement de paradigme. Avec un peu de chance, ça remettrait la Terre sur le bon axe et nos idées en place. Encore faudrait-il pouvoir donner le signal. C’est là que le plan se complique un peu. Mon idée était d’aller sur la Lune pour agiter un drapeau. Et lancer le mouvement à l’ancienne. Mais comme Galilée a fait la Terre ronde, ça coupe de fait mon audience en deux. Sauf peut-être si on demande à l’hémisphère Nord de faire cause commune avec l’hémisphère Sud. Pour se retrouver tous dans un endroit sympa. Et voir ensemble le top départ de ma révolution.

Nous ferions une super fête. Un truc simple, à la bonne franquette. Un bon apéro et du repos. Histoire de décompresser un peu. Prendre du recul et réfléchir à ce que nous voulons. Parce que là, on tourne sérieusement en rond. A vouloir accélérer à tout bout de champ.

Moi, je dis qu’on devrait ralentir. Se souvenir des conseils qu’on donne aux enfants. Quand on ne sait pas, on demande. On ne parle pas pour ne rien dire. Et surtout on réfléchit à ce qu’on fait.